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Stress thermique dans l'étable
15.06.2026

Stress thermique dans l'étable

Les vaches préfèrent l’air frais. Le stress thermique devient plus fréquent à l’étable des vaches, aussi sous nos latitudes.

Jutta Berger (TORO 05/21)

En été, les températures extérieures élevées et la chaleur à l’étable, sans échange d’air, causent des problèmes aux vaches, car elles ne peuvent que mal les compenser. Cela est surtout dû au fait qu’elles produisent beaucoup d’énergie thermique lors de la digestion dans la panse et la production laitière.

La «Masseria Ramello» au Tessin améliore son climat à l’étable moyennant des filets d’ombrage et plusieurs ventilateurs et brumisateurs. Ces installations gagnent en importance aussi dans d’autres parties du pays.
Bild: E. Manser-Amann

Dès 20 °C

Plus la température ambiante est élevée, moins bien la vache peut évacuer sa propre chaleur. Dès 20 °C, la dissipation thermique stagne. Si en plus, l’air est humide, même la transpiration ou l’accélération de la respiration ne soulagent plus. Bien que ces faits soient connus depuis longtemps, de nombreuses vaches souffrent toujours du stress thermique en été – avec toutes les conséquences négatives: baisse de l’ingestion de fourrage et de la production laitière et par la suite des problèmes de santé.

Jours de canicule plus fréquents

Les jours de canicule ne sont plus un phénomène extraordinaire qui «se limite de toute façon à un ou deux jours par an». Ils deviennent plus fréquents et par conséquent, le besoin d’agir devient plus urgent. Le bâtiment rural et ses ouvertures, la circulation d’air à l’étable ainsi que les places à l’ombre au pâturage sont souvent donnés et ne peuvent pas être améliorés du jour au lendemain. Dans maintes exploitations, il faudrait des transformations pour améliorer la situation des vaches en été.

L’air doit circuler

Une bonne circulation d’air à l’étable aide les vaches lorsqu’il fait chaud: mieux l’air circule à l’étable, mieux la dissipation de la chaleur des animaux et l’élimination de l’air usé, chaud et humide dans le bâtiment fonctionnent. Surtout dans l’aire de couchage, à hauteur de la tête, la vache a besoin d’une «brise fraîche». C’est souvent là que l’air stagne. Donc, pour analyser les logettes ou les places en stabulation entravée, il faut se mettre soi-même à genoux et contrôler l’ampleur des gaz nocifs et la qualité de l’air. Si l’ammoniac pique les yeux et qu’on est content de pouvoir se relever, il faut agir!

Corriger à court et à long termes

Dans de nombreuses étables – surtout les vieilles – l’échange d’air est toujours insuffisant. La libre circulation de l’air doit être optimisée. C’est pourquoi il faut:

1. Agir rapidement

  • Ouvrir grand les portes d’étable, enlever les vitres. Les courants d’air ne posent pas problème aux vaches lorsqu’il fait chaud.
  • Enlever les machines ou stocks de fourrage (p. ex. balles d’ensilage ou de foin) sur la table d’affouragement qui bloquent l’air.
  • Enlever le fumier sur les matelas à paille augmente le volume d’air et réduit les gaznocifs. Les surfaces de couchage des vaches doivent être particulièrement sèches et propres lorsqu’il fait chaud pour éviter que les germes y trouvent un milieu favorable.

De plus:

  • Lorsqu’il fait chaud, répartir le fourrage en plusieurs portions par jour. Les vaches mangent ainsi plus. Plus longtemps le fourrage reste sur la table, plus il se réchauffe.
  • Nettoyer les abreuvoirs. Même en souffrant de la chaleur, les vaches ne boivent que de l’eau propre.

2. Investir judicieusement

  • Installer des ventilateurs (dépoussiérer et brancher), les coordonner avec la température à l’aide d’un thermostat et contrôler leur position. Souvent, ils aident plus dans l’aire de couchage que sur la table d’affouragement. Le flux d’air peut être dirigé vers les vaches à l’aide de clapets ou de tuyaux.
  • Les brumisateurs rafraîchissent l’air de l’étable et les vaches. Ils devraient être utilisés en même temps que les ventilateurs – si non, il fait chaud et lourd – et ne pas être installés au-dessus des surfaces de couchage pour que celles-ci restent sèches.
  • Installer des abreuvoirs supplémentaires et optimiser l’écoulement. En plein été, les vaches boivent plus de 150 litres par jour! Cela doit être possible pour tous les animaux à tout temps. Les abreuvoirs doivent être bien accessibles après la traite. Les vaches évitent les abreuvoirs dans les culs-de-sac. L’approvisionnement en eau doit être garanti également pendant la pâture.

3. Changer à long terme

  • Ouvrir ou éliminer les murs (murs extérieurs, séparations dans les couloirs, parois latérales des logettes, crèche, etc.) qui coupent le flux d’air. Les transformations dans les vieilles étables peuvent faire des miracles!
  • Ombrager le côté ouest de l’étable. Le soleil de l’après-midi et du soir chauffe particulièrement. Si possible, planter des arbres ou installer des filets d’ombrage qui coupent l’insolation. De pareils stores d’ombrage sont par exemple utilisés au Tessin.

Un regard critique sur votre étable ou votre pâturage est de mise. Vos vaches montrent-elles des signes de stress thermique?

La vache a «trop chaud»La vache se trouve dans la «zone rouge»
Fréquence respiratoire accélérée80 respirations/min
Tête/cou tendu(e)Haleter, respiration par la bouche
Température corporelle interne accrueTempérature clairement fiévreuse > 39.5 °C
Se rend à des endroits fraisSe couche sur le béton dur en dépit d’alterna
tives plus molles.
Reste à proximité des ouvertures de l’étable
Légère transpirationPoils trempés de sueur
Ingestion de fourrage réduiteIngestion de fourrage cessée
Boit plus d’eauBoit >150 litres d’eau/jour
Baisse de la production laitièreBaisse de la production laitière >10 %
Chaleurs silencieuses
Lors de chaudes journées d’été, la pâture de nuit peut améliorer la situation des vaches.
Bild: E. Bischof

Penser aux vaches taries

Les vaches taries en fin de gestation souffrent souvent du soleil. Elles produisent elles-mêmes beaucoup de chaleur. L’air frais est donc important spécialement dans les aires d’affouragement et de couchage des vaches taries. Les vaches lourdes aiment et doivent pouvoir se coucher beaucoup. Plus il y a de lumière et d’air, meilleur est le confort des vaches taries et moins elles ont de problèmes lors du vêlage et du démarrage de la nouvelle lactation.

Ombre aux pâturages

«Elles peuvent de toute façon sortir», se disent de nombreux exploitants, croyant parer ainsi aux conditions insuffisantes dans leurs étables. Mais la sortie au pâturage ou dans l’aire de sortie n’améliore pas toujours la situation. Souvent, elle l’aggrave encore, car un pâturage en plein soleil ou une aire de sortie face à un mur reflétant la chaleur n’apporte pas d’avantages à la vache. En revanche, des arbres sur le pâturage valent de l’or, puisque les vaches recherchent l’ombre. Si elles doivent couvrir une large part de leur besoin fourrager au pâturage, la pâture de nuit est recommandée pour que les vaches mangent le plus possible durant les heures nocturnes plus fraîches.

Ombre aux pâturages.
Bild: www.zweiaufreisen.com