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Désirs des veaux
Besoins des veaux|05.01.2026

Désirs des veaux

Prendre au sérieux les besoins ressentis par les veaux, c’est poser les bases pour des vaches laitières saines et performantes.

Matthias Risch (TORO 01/26)

Dès la naissance, les veaux ont des besoins variés qui vont bien au-delà du simple approvisionnement en lait, en nourriture et en eau. Un élevage respectueux des animaux tient compte de ces exigences. Il est souvent possible de largement l’améliorer grâce à des mesures simples, afin que les jeunes animaux puissent se développer sans stress et en bonne santé.

Désir ou nécessité?

Dans l’élevage, on fait la distinction entre les nécessités et les désirs.

Les besoins essentiels sont les suivants: nourriture, eau, lait.
Il est en revanche important de satisfaire les envies des veaux afin d’éviter le stress et les troubles du comportement et de favoriser le développement: désir de téter, contacts sociaux, envie de bouger, comportement de jeu et curiosité.

Chaleur et confort de couchage

Les veaux nouveau-nés sont particulièrement sensibles au froid, car leur thermorégulation n’est pas encore stabilisée et ils ne disposent pas encore d’une couche de graisse protectrice. Une litière de paille sèche et épaisse est donc indispensable. Le veau doit pouvoir littéralement «s’enfouir» dans la paille, de sorte que ses membres ne soient plus visibles. Ce n’est qu’alors que la quantité de litière dans le box à veaux est suffisante. En hiver notamment, les veaux doivent être couchés dans la paille, et pas seulement sur la paille. Une litière humide ou en quantité insuffisante entraîne rapidement des pertes d’énergie et des refroidissements chez les veaux.

Les veaux se sentent à l’aise lorsqu’ils sont couchés dans une épaisse couche de paille.
Bild: B. Gutzwiler

De l’air frais sans courants d’air

Une bonne aération dans l’étable des veaux réduit l’exposition des animaux à la poussière, à l’ammoniac et aux agents pathogènes. Parallèlement, les courants d’air doivent être évités. Il est prouvé que les exploitations disposant d’étables à veaux lumineuses et aérées ont moins de maladies respiratoires et de problèmes pulmonaires, ce que confirment également les vétérinaires dans leur pratique. C’est également le cas pour la garde des veaux dans les igloos. Là encore, l’objectif doit être d’avoir une litière sèche et un climat bien tempéré dans l’igloo. Les auvents sont recommandés, car ils permettent de garder l’igloo et la zone devant celui-ci au sec par mauvais temps et protègent les veaux de la surchauffe en été. Néanmoins, l’apport d’air frais ne doit pas en pâtir. L’emplacement et l’orientation des igloos pour veaux doivent donc être bien pensés.

L’air frais est un facteur important pour la santé des animaux.
Bild: www.zweiaufreisen.com

Contacts sociaux et garde en groupe

Les génisses sont des animaux sociaux qui vivent naturellement en troupeau et communiquent intensément entre eux par le langage corporel. Les veaux recherchent également le contact les uns avec les autres. Ils aiment se blottir les uns contre les autres et apprécient l’affection des humains dans les premiers jours de leur vie. En règle générale, cela les rend plus confiants à long terme. En Suisse, les veaux doivent être gardés en groupe à partir du 14e jour de vie. Diverses études montrent que la garde en groupe dès la naissance peut également être une bonne alternative. Elle favorise l’ingestion de fourrage et le développement. En groupe, les veaux apprennent plus vite, mangent mieux, font preuve d’un comportement social prononcé et sont moins craintifs. Toutefois, cette alternative n’est favorable que s’il n’y a aucun agent pathogène persistant responsable de diarrhée ou de grippe dans l’exploitation. Sinon, la garde précoce en groupe augmente la pression infectieuse sur chaque veau.

L’élevage en groupe permet le contact physique.
Bild: Swissgenetics

Satisfaire l’envie de téter

Un argument souvent avancé contre la garde en groupe des jeunes veaux est le risque de succion mutuelle. Les experts s’accordent à dire que dans la plupart des cas, ce risque peut être compensé par une bonne gestion. Il est essentiel que les veaux puissent satisfaire leur envie naturelle de téter au distributeur de lait. Cela signifie qu’ils ont besoin d’un système d’abreuvement à faible débit qui permette une succion lente et qui ressemble au comportement naturel au trayon. C’est pourquoi l’abreuvement doit toujours se faire à l’aide d’une tétine suspendue au moins à la hauteur de la tête des veaux. Comme chez les bébés, la succion sert non seulement à l’alimentation, mais aussi à la détente du veau. La salive produite favorise aussi la digestion.

La satisfaction de l’envie de téter est un point décisif dans l’élevage des veaux.
Bild: M. Roth

Comportement de jeu et curiosité

Le comportement de jeu et la curiosité sont des indicateurs importants du bien-être des veaux. Ce n’est que depuis quelques années que l’importance des possibilités d’occupation dans la garde des veaux est davantage prise en compte. Il est désormais clair que les veaux ont besoin de suffisamment d’espace et de matériel d’occupation adapté pour assouvir leur curiosité. Les veaux s’approchent généralement de ces objets pas à pas, le cou tendu. Ils reculent souvent brièvement d’un bond, puis s’approchent à nouveau. Ils sont particulièrement attirés par les objets mobiles et oscillants, ainsi que par les balles de jeu remplies de foin. Les branches de conifères ou les petits arbres suspendus les incitent également à grignoter, à tirer dessus ou à se frotter contre eux. C’est donc une occasion de réutiliser votre sapin de Noël non traité!

Une simple branche de sapin offre une occupation bienvenue.
Bild: www.zweiaufreisen.com

Idées d’occupations simples pour les veaux:

  • Paille
  • Branches de conifères ou petits arbres suspendus
  • Brosses à récurer (p. ex. balai-brosse) fixées au mur – variante de luxe: brosses électriques
  • Cordes en fibres naturelles ou chaînes suspendues
  • Balles de jeu pour veaux, remplies de foin. Les filets à foin vendus pour les chevaux présentent le risque que les marques auriculaires s’y coincent.
  • Hérisson de jeu, avec tétine

Permettre les soins corporels

On sous-estime souvent le fait que les veaux ont également un fort désir de soins corporels. Dans l’élevage allaitant, la vache s’en occupe en grande partie en léchant intensivement le veau. Dans l’élevage sans la mère, les veaux se frottent et se grattent souvent contre les équipements des boxes ou les parois en bois. Ils apprécient donc beaucoup les brosses. Une étude menée en Nouvelle-Zélande montre que les veaux passent une demi-heure par jour à se brosser dans leur box. Ils y retournent plusieurs fois par jour. Pour leur permettre de se frotter, il est possible de visser un simple balai-brosse en bois robuste à la paroi du box. Ceux qui souhaitent offrir quelque chose de spécial à leurs veaux peuvent investir dans une brosse électrique, comme celles souvent utilisées dans les étables à stabulation libre pour les vaches.

Une brosse est à la fois un programme de bien-être et un jouet pour les veaux qui aiment s’y frotter.
Bild: Swissgenetics

Mobilité et sortie

Les veaux ont une forte envie de bouger. Cela renforce leurs os, leurs muscles et leur circulation sanguine, améliore leur respiration et leur ventilation pulmonaire. Comme chez les enfants, la mobilité en plein air stimule le système immunitaire et prévient les infections. Lorsqu’ils jouent à courir avec d’autres animaux, les veaux se précipitent à travers la logette, font des demi-tours soudains et se pourchassent dans la paille. Les combats simulés font également partie du jeu social. Dans des enclos étroits ou des couloirs d’étable sombres, ils ne peuvent pas assouvir cette envie de jouer. Un pâturage pour veaux est idéal – en été, avec un accès à de l’eau fraîche et, dans l’idéal, un abri, et en hiver, pour s’occuper pendant quelques heures. Les jeunes animaux profitent ainsi d’un climat sans ammoniac, avec moins de mouches ainsi que d’une mobilité suffisante et d’un accès à du fourrage grossier de la meilleure qualité. Dans les exploitations où les animaux sont régulièrement mis au pâturage, on remarque d’ailleurs qu’ils sont plus vifs et plus curieux. Ils présentent moins de symptômes de stress. Le comportement du troupeau s’améliore également: les animaux élevés en tant que veaux au pâturage s’intègrent ensuite plus facilement en stabulation libre.

Les veaux aiment bouger. Ils préfèrent courir et s’ébattre à l’extérieur.
Bild: www.zweiaufreisen.com

Hygiène et affouragement

Tout aussi important que le confort, l’occupation et la mobilité, un environnement propre est essentiel pour la santé des animaux. Les seaux d’abreuvement et les mangeoires doivent être nettoyés régulièrement avec du détergent et une brosse afin d’éviter l’accumulation de germes. Les installations destinées à la tétée doivent également être nettoyées régulièrement et les vieilles tétines remplacées, de préférence bien avant que les défauts ne soient visibles à l’œil nu. Dès la première semaine de vie, les veaux ont également besoin d’eau fraîche et d’un accès à la meilleure nourriture possible afin d’apprendre à «manger avec plaisir». Une bonne alimentation associée à un environnement propre est la meilleure protection contre la diarrhée et les maladies respiratoires.

Une étable propre et une alimentation de la meilleure des qualités doivent aller de soi.
Bild: www.zweiaufreisen.com

Conclusion

Un veau en bonne santé et plein de vitalité n’est pas dû au hasard: la chaleur, l’air frais, les contacts sociaux, une mobilité suffisante et un environnement propre et structuré contribuent de manière significative à son bon développement. Connaître et satisfaire les envies des veaux, c’est poser les bases pour des vaches laitières longévives, équilibrées et performantes. À long terme, prendre soin des veaux dans l’étable est donc doublement payant: pour le bien-être des animaux et pour la réussite de l’exploitation.

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