Des préparations calciques à prendre par voie orale
Administrer du calcium par voie orale à une vache avant et après le vêlage prévient la fièvre du lait. Il faut toutefois tenir compte de certaines contraintes.
Sibylle Mellema (TORO 07/17)
Cette année, la prévention de l’hypocalcémie était le thème de la formation continue de nos techniciens inséminateurs. La question de l’utilisation optimale des préparations à administrer par voie orale (p. ex. Calcitop P+ ® ou Calz-O-Phos) a souvent été posée. De quoi faut-il tenir compte? Voici les questions et les réponses.
Quand les préparations de calcium doivent-elles être administrées?
Pour une bonne prévention de la fièvre du lait, il s’agit d’administrer 4 fois 40–60 g de calcium aux horaires suivants: 24 heures avant le vêlage, immédiatement après le vêlage, puis 12 heures et 24 heures après le vêlage. Les besoins en calcium augmentent déjà avant le vêlage (fabrication du colostrum). Une administration régulière toutes les 12 heures dès le vêlage assure un taux de calcium élevé et relativement constant dans le bol alimentaire. 24 heures (au plus 48 heures) après le vêlage, la capacité d’absorption du calcium dans l’intestin de la vache est à son maximum et son métabolisme est en mode «mobilisation des réserves osseuses».
Pourquoi y a-t-il aussi du phosphore dans les gels et les bolus?
Le phosphore ainsi que d’autres minéraux et oligo-éléments interviennent dans le transport du calcium de l’intestin dans le sang. Ces nutriments optimisent donc la capacité d’absorption du calcium.
Pourquoi ne doit-on pas administrer des gels ou des bolus à une vache souffrant de parésie post-partum?
Les vaches atteintes de parésie post-partum (syndrome de la vache couchée) ont des problèmes au niveau des muscles de l’appareil locomoteur mais aussi au niveau des muscles lisses. Lors de la déglutition, l’action de plusieurs muscles entre en jeu. Les muscles du larynx ferment notamment brièvement les voies respiratoires. Si ces muscles ne fonctionnent pas correctement ou si leur coordination est perturbée parce que la vache est somnolente, il y a risque de «fausse route». Les préparations calciques parviennent dans les voies resptoires, voire dans les poumons, ce qui peut avoir des conséquences dramatiques.
Existe-t-il des préparations calciques avec un effet longue durée?
Non, ce n’est pas possible pour des raisons pratiques. Seul un gigantesque bolus pourrait délivrer des quantités suffisantes de calcium. Contrairement aux autres types de bolus (sels minéraux, vermifuges) qui ne délivrent que quelques milligrammes de substance par jour, un bolus de calcium longue durée devrait délivrer 160–240 g de calcium libre en deux jours. Selon la molécule calcique, un tel bolus pèserait jusqu’à 400 g!
Est-ce vrai que certains produits irritent les muqueuses?
Le chlorure de calcium est très bien absorbé dans l’intestin. C’est pourquoi cette molécule est volontiers utilisée par les fabricants. Malheureusement, le chlorure de calcium a un goût salé et piquant et irrite les muqueuses. Les vaches qui ont vécu une telle expérience s’opposent souvent énergiquement à l’administration d’un tel produit. Une combinaison avec de l’huile de soja et des arômes réduit nettement ces effets négatifs. Les bolus pelliculés sont une alternative. La pellicule facilite la déglutition et protège les muqueuses. Un bolus pelliculé ne doit donc pas être administré s’il est cassé ou si la pellicule est endommagée.
Une perfusion de calcium (intraveineuse) ne serait-elle pas plus indiquée?
Une perfusion réalisée par le vétérinaire fait augmenter brusquement le taux de calcium dans le sang. Cet effet est recherché en cas de parésie de vêlage constatée ou imminente. Cet effet ne dure que quelques heures et peut entraîner des problèmes circulatoires. Un taux de calcium sanguin très élevé, même bref, ralentit la transition métabolique. La mobilisation du calcium dans les os est diminuée et l’absorption dans l’intestin n’est pas suffisamment stimulée. Cela peut entraîner une nouvelle diminution drastique de la concentration de calcium dans le sang. Pour éviter cela, il est judicieux de compléter un traitement intraveineux par une administration orale de molécules de calcium dès que la vache se tient debout.
Pourquoi ne pas administrer deux bouteilles/bolus à la fois?
Les produits très concentrés contiennent entre 40 à 60 g de calcium disponible par dose. Le fourrage contient aussi du calcium. Avec les quantités susmentionnées, les pompes à calcium travaillent déjà à plein régime. Des quantités de calcium plus élevées (en cas d’administration d’une double dose) ne peuvent pas être transportées par le sang et finissent inutilement dans la fosse à purin via les selles. La répartition sur une plus longue période (toutes les 12 heures) est plus judicieuse.
Prévention de la fièvre du lait
Une prévention efficace de la fièvre du lait chez la vache repose sur une gestion adaptée du calcium, du phosphore et des nutriments pendant la période de vêlage.
Détection précoce des fraîches vêlées
Soutenez la santé de vos vaches fraîches-vêlées en surveillant leur comportement, température et signes de douleur pour un démarrage optimal de la lactation.
Phase post-vêlage
Après le vêlage, il est essentiel de surveiller la santé de la vache en prenant sa température deux fois par jour, d'évaluer son état général et de veiller à une gestion appropriée pour favoriser la lactation.
Vêlage
Le vêlage chez la vache se déroule en plusieurs phases, nécessitant patience, hygiène, et parfois l'intervention d'un vétérinaire pour assurer la sécurité de la mère et du veau.
La préparation au vêlage
Une préparation alimentaire adaptée, incluant un contrôle du corps et une gestion spécifique, est essentielle pour assurer un vêlage réussi et une phase post-partum optimale.
Signal de vaches – Abreuvement après le vêlage
Après le vêlage, assurez une hydratation optimale pour votre vache avec de l’eau tiède.
