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Traite hygiénique avec et sans robot
Articles techniques|04.12.2025

Traite hygiénique avec et sans robot

Les 11 règles d’or pour des pis sains s’appliquent à tous les producteurs de lait.

Jutta Berger / Léonie von Tavel (TORO 02/23)

Des pis sains nécessitent un travail de traite consciencieux ainsi qu’une hygiène et des mesures de contrôle rigoureuses. Chaque type de production laitière – de la traite au pot au système entièrement automatique – présente des avantages et des inconvénients. Indépendamment de la technique, les «11 règles d’or» s’appliquent de toute façon. Les exploitations équipées d’un système de traite automatique (robot) doivent toutefois aborder certains points de manière fondamentalement différente. Il y a en effet des risques pour la santé du pis que l’on connaît moins avec la traite traditionnelle. Un webinaire de Santé Bovins Suisse* les a abordés l’été dernier.

L’unité de nettoyage du robot des frères Krieg à Säriswil prépare les trayons d’une vache pour la traite.
Bild: Swissgenetics / lvt

Technique très complexe

La technique de traite s’est énormément développée au cours des 100 dernières années. Les premières machines à traire ont été construites au début du siècle dernier. Depuis plus de 30 ans, des robots de traite (systèmes de traite automatique – abrégés AMS en allemand et en anglais) sont également utilisés pour la production de lait. En Suisse, on compte aujourd’hui 1’000 à 1’500 exploitations AMS, soit environ 6% des producteurs de lait, et la tendance est à la hausse. Ceux qui optent pour un robot n’ont pas moins de travail à
fournir pour la collecte du lait. Le type de travail change seulement: ce que l’on économise en temps de traite, on le réinvestit dans d’autres activités.

1. Surveillance de la santé du pis

La surveillance de la santé du pis est obligatoire pour tout producteur de lait. Les exploitations affiliées à un herd-book peuvent la contrôler à l’aide des données du contrôle laitier. Les exploitations qui traient avec des agrégats individuels, par exemple en stabulation entravée, peuvent ensuite définir un ordre de traite. En cas de doute, dans l’intervalle entre deux contrôles laitiers, un test de Schalm aide à contrôler le taux cellulaire. Un robot doté de l’équipement adéquat analyse en permanence la santé du pis et déclenche une alarme si les valeurs limites sont dépassées. Mais comme toujours, la technique n’est bonne que si l’être humain sait l’utiliser. Ainsi, l’expérience montre que dans chaque exploitation dotée d’un robot, au moins deux personnes devraient connaître la technique complexe et ses évaluations afin de se soutenir mutuellement.

2. Hygiène et propreté

Là où l’être humain trait les vaches, les mesures d’hygiène personnelle sont importantes pour limiter la transmission des germes: des gants à usage unique, des tabliers de traite et des bottes propres devraient aller de soi. Au robot, toutes les surfaces qui entrent en contact avec les trayons doivent impérativement être parfaitement propres. La conférencière du webinaire, la Dre Friederike Reinecke, a recommandé de bien regarder quelles sont ces surfaces.

L’hygiène et la propreté sont essentielles dans tous les systèmes de traite.
Bild: www.zweiaufreisen.com

3. Ordre ou désinfection

Les animaux sains sont traits en premier – les vaches dont le lait est altéré ou ne peut pas être commercialisé sont traites en dernier. Ce qui va de soi pour les exploitations avec des agrégats individuels devient déjà difficile en salle de traite. Un nettoyage ou une désinfection intermédiaire du faisceau trayeur peut améliorer la situation. En revanche, les dispositifs de désinfection intermédiaire ne sont pas disponibles en série sur tous les robots ou, selon une étude, ils ne fonctionnent pas toujours de manière fiable – et c’est la raison pour laquelle la situation s’aggrave rapidement dans un troupeau qui a des problèmes de santé du pis. Car toutes les vaches sont traites avec une seule et même machine. Les vaches dont le lait n’est pas commercialisable et doit être évacué du robot et pour lesquelles le logiciel doit être reprogrammé en conséquence représentent un défi logistique particulier. L’experte recommande le principe suivant: d’abord modifier le logiciel et ensuite injecter le produit. De plus, après la traite des animaux traités, le robot doit être nettoyé tout spécialement pour éviter que des résidus de médicaments ne se retrouvent dans le lait du tank – c’est particulièrement important pour les médicaments pour le pis à base d’huile, qui ne peuvent pas être rincés uniquement avec de l’eau. Il est également important que les vaches traitées soient traites au plus tôt neuf heures après un traitement pour que le médicament soit efficace.

4. Rigueur lors du tirage des premiers jets

Le but du tirage des premiers jets est de vérifier le lait avant de poser le faisceau trayeur et d’éliminer les bactéries accumulées. Cela permet d’éviter que les pulsations de la machine à traire ne les poussent vers le haut dans le pis et ne provoquent des infections. En particulier dans les stabulations entravées, il ne faut pas laisser couler ce lait sur le sol des aires de repos. Les germes seraient ainsi facilement disséminés
d’une vache à l’autre. Dans la salle de traite également, les gobelets de tirage des premiers jets avec un fond noir ont fait leurs preuves: le lait contaminé y est recueilli et les grumeaux sont mieux détectés. Au robot, ce contrôle visuel du lait n’est pas effectué par l’être humain. Il est donc d’autant plus important de surveiller en permanence les données et les alarmes du robot à ce sujet, de voir les animaux suspects et de les examiner individuellement.

5. Nettoyage des trayons

Pour chaque pis nettoyé à la main dans les systèmes de traite traditionnels, il est impératif d’utiliser du matériel de nettoyage à usage unique. Sinon, les germes peuvent facilement se propager. Les lingettes en papier à usage unique avec ou sans désinfectant sont recommandées à cet effet. Les brosses et les gobelets de nettoyage constituent le plus grand risque de propagation des germes dans un robot. L’experte recommande de les nettoyer soigneusement chaque semaine avec un produit à vaisselle usuel afin de dissoudre un éventuel biofilm dans lequel les germes peuvent s’accumuler. Comme un robot ne nettoie pas les pis séparément, il est d’autant plus important, selon elle, que les vaches et les pis soient propres. Cela signifie que les aires d’exercice et de repos dans la stabulation doivent absolument être propres et sèches.

6. Pose du faisceau trayeur

Le tirage des premiers jets et le nettoyage déclenchent la montée de lait. L’idéal est de poser le faisceau trayeur après. Ainsi, la traite se déroule rapidement avec un bon débit laitier. En fonction de la vache (son âge, le stade de lactation et la quantité de lait), la montée de lait prend entre trente secondes et une minute. Lors de la traite traditionnelle, d’autres vaches peuvent être préparées pendant ce temps. Les faisceaux trayeurs doivent être accrochés sans que l’air ne pénètre, sinon le niveau de vide varie, ce qui irrite les tissus du pis et disperse les bactéries. Avec le robot, les trayons mal placés (trop proches ou trop écartés) et les longs poils sur le pis peuvent perturber le processus de pose, ce qui, dans le pire des cas, interrompt la traite. C’est pourquoi les poils doivent être régulièrement éliminés à l’aide d’une flamme froide. D’un point de vue zootechnique, les trayons peuvent être améliorés sur le long terme au sein du troupeau en respectant le logo Robot lors de l’accouplement.

7. Eviter la traite à vide

La traite à vide sollicite et endommage les extrémités des trayons. La fin de l’écoulement du lait doit donc être détectée par l’observation ou alors la dépose automatique des agrégats doit se faire avec des capteurs de débit du lait. Il faut déposer le faisceau trayeur en douceur et sans qu’il y ait pénétration d’air, en interrompant le vide. Au robot, les capteurs fonctionnent individuellement pour chaque trayon et les gobelets trayeurs sont déposés les uns après les autres.

8. Pose et dépose du faisceau trayeur

L’agrégat ne doit pas être tordu ni accroché à la mamelle avec une traction irrégulière. Un robot signale par alarme un tuyau emmêlé ou avec un problème similaire. Il faut y remédier rapidement, à toute heure du jour ou de la nuit.

9. Désinfecter les trayons

Un produit désinfectant dans un gobelet de trempage des trayons ou en spray agit de manière optimale immédiatement après la dépose du faisceau trayeur car le canal du trayon est encore ouvert. Il existe des produits à base d’iode (p. ex. Desintec Iodine® ou eimü Iodasol®) ou d’autres désinfectants bien tolérés par la peau (p. ex. Desintec Double Sprint®). Ces produits doivent impérativement être autorisés afin de ne pas mettre en danger la santé du pis. Après la traite, les vaches doivent rester debout pendant une demi-heure et ne pas se coucher. Le canal du trayon a ainsi le temps de se refermer complètement. Cela vaut pour tous les systèmes de traite.

10. Nettoyage et manchons trayeurs

En principe, toutes les surfaces extérieures et intérieures doivent être nettoyées après chaque traite. Une attention particulière doit être portée aux parties qui entrent en contact avec le trayon! Les manchons cassants ou fissurés sont très favorables à toutes sortes de germes et doivent absolument être remplacés. Comme un robot effectue un plus grand nombre de traites par jour qu’un faisceau trayeur conventionnel, les manchons doivent être remplacés plus rapidement.

11. Contrôle du système

Le vide de traite, le niveau de vide, le taux de pulsation et le pulsateur doivent être régulièrement contrôlés et réglés dans tous les systèmes par le service après-vente. Dans le cas du robot, il faut ajouter les éventuelles alarmes qui doivent être observées et corrigées en permanence. Celui qui opte pour un tel système doit donc parfois «avoir la peau dure».