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Affouragement en été
Articles techniques|23.01.2026

Affouragement en été

En été, le métabolisme de la vache est fortement sollicité pour compeser un bilan énergétique négatif dû à la thermorégulation, à une baisse de l'appétit en raison de la chaleur et à l'ingestion du fourrage altéré.

Jutta Berger (TORO 05/18)

La vache laitière d'aujourd'hui est une véritable centrale thermique. En raison d'une activité métabolique plus élevée, elle transforme environ un tiers des calories ingérées en chaleur. Une vache laitière grande productrice libère autant d'énergie qu'un radiateur soufflant d'une puissance de 2'000 watts, chaleur qu'elle évacue par la surface corporelle.

En été, les vaches mangent et sont plus actives la nuit, quand il fait plus frais.
Bild: J. Rossier

Il fait chaud!

Une température ambiante supérieure à 16°C impacte déjà le métabolisme de la vache, et cela ne s'arrange guère lorsque le mercure grimpe et l'humidité de l'air augmente. Dans une étable trop chaude, les vaches évitent de se coucher sur une surface isolante, préférant rester debout pour ventiler au maximum leur surface corporelle. Elles apprécient alors le moindre courant d'air. L'installation d'un thermomètre et d'un hygromètre à différents endroits (table d'affouragement, logette, aire de couchage, salle de traite, étables des jeunes animaux, etc.) permet d'évaluer la situation en toute objectivité avant de prendre les mesures qui s'imposent (ventilateurs, asperseurs, etc.).

Thermorégulation

Etant donné qu'en raison de la chaleur, les vaches restent plus longtemps en position debout, elles développent des pathologies aux onglons, réduisent le temps de rumination et produisent moins de lait qu'en position couchée. Les vaisseaux sanguins se dilatent, la peau est mieux irriguée et le corps dégage plus de chaleur. Pour pouvoir évacuer le maximum d'énergie thermique, les vaches tendent la tête et le cou vers l'avant. La fréquence respiratoire augmente et les vaches se mettent à transpirer. Un déficit en substances minérales en résulte, qu'il faut absolument compenser par la prise d'aliment minéral (apport supplémentaire de 10 à 20 %).

Besoins en énergie

Quand le mercure grimpe, les vaches réduisent la production de chaleur corporelle en mangeant moins et en produisant moins de lait, mais aussi en limitant leurs mouvements. En même temps, eles ont des besoins en énergie acrus pour toutes les activités génératrices de chaleur métabolique (se lever, transpirer, etc.). Ces besoins augmentent de 25 % les jours de grande chaleur! Les vaches se trouvent donc rapidement en déficit énergétique avec risque de cétose à la clé. Attention: tous les stades de lactation sont concernés, les vaches fraîchement vêlées comme les vaches en fin de lactation et proches du vêlage. Le taux protéique du lait baisse, la fertilité est en berne et l'état de santé se dégrade. Le système immunitaire de la vache, fragilisé, doit combattre un nombre de germes plus important, ces derniers se multipliant rapidement quand il fait chaud.

Prise de concentrés

Les animaux tentent souvent de compenser leurs besoins énergétiques accrus et leur manque d'appétit en n'ingérant que des concentrés riches en amidon, plus digestes, au détriment de la ration de base, plus riche en structure mais dont la digestion générerait une production de chaleur supplémentaire. Les vaches réduisent aussi leur activité de rumination, cette dernière "donnant chaud", elle aussi. D'une part, l'augmentation des hydrates de carbone dans la panse, et la réduction de l'activité de rumination d'autre part font que le risque d'acidose de la panse augmente pour ces animaux. De plus, si al vache halète et respire par la bouche lors de grosses chaleurs, elle produira moins de salive et donc moins de substances tampons, qui sont essentielles pour stabiliser le milieu ruménal.

Inciter les vaches à manger

S'il n'est pas possible de faire baisser la température dans l'étable ou d'augmenter de manière notable la circulation d'air, il faut prendre d'autres mesures pour inciter les animaux à consommer, en leur donnant par example du fourrage particulièrement appétant. Plus le fourrage sera de bonne qualité avec une taille de fibres adéquante, et plus la vache mangera, même si elle souffre de la chaleur. Il est important que les vaches aient accès à la nourriture 24 heures sur 24. En été, elles apprécient de manger pendant la nuit ou au petit matin, quand les températures sont plus fraîches. Il faut donc qu'elles aient suffisamment de fourrage à disposition à ces moments-là et il ne faut pas oublier de pousser le fourrage tard dans la soirée. La pâture de nuit est aussi recommandée pour les mêmes raisons. Autre avantage: la nuit, les animaux sont moins stressés par les mouches.

Proposer du fourrage de qualité incite les animaux à la consommation.
Bild: Swissgenetics / jbg

Contrôler l'ensilage

Pour garantir un fourrage de qualité, un bon apport en énergie et des rations appétantes en été, il faut éviter les pertes de qualité dues à l'échauffement et à la post-fermentation. Les couches supérieures de l'ensilage, moins compactes, ou des restes d'aliments ensilés se gâtent vite, les levures se multipliant à la vitesse grand V sous l'effet de la chaleur. N'oubliez pas de contrôler la température dans vos silos de stockage et de concentrés et, en cas de post-fermentation, de stabiliser l'ensilage avec de l'acide propionique.

Les raions mélangées se détériorent rapidement qaund il fait chaud, les levures ayant tendance à proliférer. Conseil: ne pas préparer trop de fourrage à la fois.
Bild: Swissgenetics

Jeter les restes

Parfois, l'ensilage n'a pas encore subi d'échauffement, mais la ration partielle ou la ration totale mélangée fermente à l'étable au bout de quelques heures, lorsque les levures présentes dans l'ensilage entrent en contact avec de l'oxygène, des céréales ou de la mélasse. A l'instar d'une p'ate à pain, les hydrates de carbone se métabolisent et se multiplient rapidement. La ration perd en énergie, sent mauvais et est boudée par les animaux. Plus les restes de fourrage restent exposés à la chaleur, plus les levures et autres micro-organismes s'y développeront. Il est donc recommandé de ne préparer que des petits rations dans la mélangeuse pour être sûr qu'elles seront rapidement consommées par les animaux. Ne jamais laisser traîner des restes de fourrage ou pire, les redonner au bétail le lendemain! Il ne faut pas non plus les donner aux vaches taries ou aux génisses. Il est aussi important de nettoyer quotidiennement la mangeoire ou la table d'affouragement et de jetter les restes de fourrage.

Des abreuvoirs probres

La prolifération d'algues étant plus rapide dans les abreuvoirs quand il fait chaud, il est important de nettoyer ces derniers chaque jour. L'eau aura sinon un mauvais goût et les vaches ne s0hydrateront pas suffisamment malgré un besoin en eau accru. En été, une vache peut boire jusqu'à 150 litres par jour. Vérifiez si le nombre d'abreuvoirs est suffisant et s'ils se remplissent assez rapidement. Les points d'eau doivent être accessibles en continu à tous les animaux, notamment à ceux de rang inférieur. Mieux vaut éviter de placer les abreuvoirs dans des culs-de-sac. Après la traite et la prise de fourrage, les vaches laitières doivent pouvoir accéder à l'eau sans difficulté. Rappelons qu'une vache qui a soif ne mange pas assez! Les vaches au pâturage ont elles aussi besoin de beaucoup 'eau fraîche. Les contenants mis à leur disposition sont souvent problématiques, l'eau ayant tendance à se réchauffer au soleil. Il faut aussi veiller à ce que le troupeau dispose de plus d'un bassin d'abreuvement.

Les vaches boivent jusqu'à 150 litres par jour – si l'abreuvoir est propre!
Bild: Swissgenetics