Le tarissement comme prévention de la fièvre du lait
La fièvre du lait pose-t-elle problème dans l’exploitation? Le calcium administré en gel ou en bolus est-il assez efficace? Le problème peut résider dans la ration des vaches taries, qui devrait être aussi pauvre en calcium que possible.
Sibylle Mellema (TORO 07/17)
Une troisième vache développe une fièvre du lait en l’espace de deux mois. Elle était encore en pleine forme la veille, après le vêlage. Il a fallu un peu d’aide de traction, mais elle s’est levée juste après, a mangé et bu. L’agriculteur sait qu’il s’agit d’un problème de calcium, mais il se demande pourquoi certaines vaches seulement sont concernées et pourquoi le calcium administré par voie orale ne donne pas toujours satisfaction.
Quelles sont les sources de calcium?
Le calcium est un minéral essentiel et la vache doit l’absorber via son alimentation. Le fourrage de base est la source principale. Sa teneur en calcium est influencée par la composition botanique, le stade de végétation lors de la coupe, le sol, les conditions météorologiques et la fertilisation. Voici quelques exem ples: la luzerne contient 16 g de calcium/kg MS, le foin du Plateau suisse 6.5 g de calcium/kg MS et l’ensilage de maïs 2.5 g de calcium/kg MS. C’est pourquoi des sels minéraux riches en calcium sont presque toujours nécessaires pour couvrir les besoins liés à la production laitière. De nombreux mécanismes de transport actifs et passifs («pompes») puisent constamment le calcium du bol alimentaire (intestin) pour l’amener dans le sang. Seule une partie du calcium (moyenne 40–60 %) contenu dans
le fourrage est absorbée dans l’intestin. Les os représentent une importante réserve de calcium. Pendant la lactation, les vaches mobilisent du calcium à partir de ces réserves et comblent des apports eventuellement insuffisants. Ces réserves sont reconstituées vers la fin de la lactation et durant la phase de tarissement.
Mécanisme de régulation
Le métabolisme du calcium est régulé par un système complexe d’hormones. La parathormone, la calcitonine et la vitamine D3 collaborent étroitement et régulent la capacité d’absorption dans l’intestin, le stockage ou la mobilisation du calcium à partir des os. Durant la lactation, l’absorption du calcium à partir du fourrage est très efficace. Vers la fin de la lactation, les pertes de calcium via la production laitière diminuent. Le nombre et l’activité des pompes à calcium diminuent en parallèle à la baisse des besoins. Le calcium «superflu» est stocké dans les os. Lors du démarrage de la lactation suivante, les besoins en calcium augmentent soudain de manière drastique. L’organisme doit augmenter le plus rapidement possible le nombre de pompes à calcium dans la paroi intestinale ainsi que leur activité et mobiliser une grande quantité de calcium à partir des os. Malheureusement, les mécanismes de régulation ralentissent avec l’âge et les besoins accrus en calcium lors d’une production laitière élevée font le reste. Les vaches âgées sont donc particulièrement vulnérables. Une transition métabolique trop lente est souvent problématique. Il se passe facilement 1 à 2 jours jusqu’à ce que le corps s’adapte aux besoins accrus en calcium au démarrage de la lactation. Pour certains animaux, il est alors déjà trop tard et le métabolisme du calcium est déjà déficient. Ces vaches développement alors une «fièvre du lait» et restent couchées, les muscles de l’appareil locomoteur étant fragilisés. Les organes ne fonctionnent déjà plus correctement en cas d’hypocalcémie subclinique. Les muscles du tractus gastro-intestinal, de l’utérus et des trayons ne se contractent que de manière restreinte: les selles sont dures et sèches, le placenta n’est pas délivré et le lait coule des trayons.
Camps d’entraînement pour vaches
S’il y a un nombre élevé de pompes à calcium actives dans l’intestin pendant toute la phase de tarissement, le risque de fièvre du lait diminue. Avant le vêlage, la vache dispose déjà des mécanismes de
transport nécessaires et ces derniers peuvent débuter leur «travail». Un faible taux de calcium dans la ration des vaches taries y contribue. En effet, bien que les besoins en calcium soient alors faibles, de nombreuses pompes actives dans l’intestin sont nécessaires pour absorber suffisamment de calcium. Une ration pauvre en calcium et en potassium et riche en phosphore et en magnésium est idéale. Cet «entraînement spécial calcium» fonctionne bien si la vache consomme moins de 20 g de calcium par jour. C’est pourquoi il existe des sels minéraux spéciaux pour les vaches taries.
La prévention de la fièvre du lait se fait sur plusieurs axes:
L’«entraînement spécial calcium» est la partie la plus importante de la prévention de l’hypocalcémie. Avec ces mesures, vous soutenez vos vaches dans cette phase critique:
Traite incomplète
Une grande quantité de colostrum est synonyme de pertes en calcium élevées. Si la vache n’est pas traite jusqu’au bout, elle perd moins de calcium. Attention au risque de mammite!
Calcium en bolus ou solution par voie orale
L’administration de calcium juste avant et après le vêlage augmente la quantité de calcium disponible dans l’intestin. Le calcium peut être absorbé tant qu’il y a suffisamment de pompes actives. Sans «entraînement spécial calcium», le calcium est évacué sans être utilisé. L’administration de calcium devrait se faire 24 heures avant le vêlage, tout de suite après le vêlage, puis 12 heures et 24 heures après le vêlage. Si la vache reste couchée, cette mesure ne suffit pas. Chez une vache atteinte de parésie post-partum, le réflexe de déglutition est réduit et les produits peuvent atteindre les voies respiratoires, une complication souvent fatale.
Vitamine D3
Administrée avant le vêlage, la vitamine D3 stimule l’absorption du calcium dans l’intestin et la mobilisation à partir des os. Il faut deux jours pour que l’effet débute. Celui-ci persiste environ huit jours. Si la vache n’a pas encore vêlé sept jours après l’administration, le traitement peut être renouvelé une fois.
Box de vêlage lumineux
Une étude montre que les vaches qui vêlent dans un box lumineux (lumière naturelle) sont plus rarement atteintes de fièvre du lait que celles qui vêlent dans un box sombre.
Sels acides
La légère acidification de l’organisme induit une meilleure absorption du calcium dans l’intestin et augmente la mobilisation à partir des os. Malheureusement, les teneurs élevées en potassium dans nos fourrages de base neutralisent les sels acides avant qu’ils ne puissent déployer leur effet. De plus, le mauvais goût des composants complique l’administration.
Des préparations calciques à prendre par voie orale
L'administration orale de préparations calciques avant et après le vêlage aide à prévenir la fièvre du lait chez les vaches, en respectant un calendrier et des doses précis.
Prévention de la fièvre du lait
Une prévention efficace de la fièvre du lait chez la vache repose sur une gestion adaptée du calcium, du phosphore et des nutriments pendant la période de vêlage.
Détection précoce des fraîches vêlées
Soutenez la santé de vos vaches fraîches-vêlées en surveillant leur comportement, température et signes de douleur pour un démarrage optimal de la lactation.
Signal de vaches – Surface corporelle froide
Détectez rapidement la fièvre du lait chez la vache grâce à la température corporelle et agissez vite.
Signal de vaches – Oreilles froides
Vérifiez la santé de votre vache rapidement : oreilles froides indiquent souvent une maladie.
