Retours en chaleurs
Pas de gestation, mais de nouvelles chaleurs – retours en chaleurs
La grande majorité des vaches (75 à 90 %) deviennent portantes après l’insémination. Certaines de ces vaches ne restent toutefois pas portantes. Malgré la fécondation, l’embryon périt. Cet incident n’est pas visible depuis l’extérieur. Mais la vache revient en chaleurs. Les causes des retours en chaleurs sont multiples.
Une vache visiblement saine
La plupart des vaches qui reviennent en chaleurs ne montrent pas de symptômes apparents d’une maladie.
Symptômes de chaleurs clairs
De nombreuses vaches qui reviennent en chaleurs montrent des symptômes de chaleurs clairs à intervalles réguliers de trois semaines.
Glaires des chaleurs claires
Les glaires des chaleurs des vaches revenant en chaleurs peuvent être claires: il n’y a aucun indice d’une maladie.
Ovulation et corps jaune
Les vaches qui reviennent en chaleurs ont une ovulation normale et 10 jours plus tard un corps jaune mature.
Quand est-ce normal que les vaches reviennent en chaleurs?
Tant que la vache n’est pas portante, son cycle hormonal se poursuit et elle revient en chaleurs régulièrement tous les 21 jours.
Notre vidéo sur le cycle hormonal de la vache montre le fonctionnement de ce dernier et ce qui se passe si l’embryon périt.
Qu’est-ce qui ne fonctionne pas chez les vaches qui reviennent en chaleurs après l’insémination?
Le 16e jour de gestation, l’embryon envoie un signal à l’utérus (interféron-tau, IFNT). Ce dernier reconnaît ainsi qu’il est en gestation. Par conséquent, le cycle des chaleurs est bloqué. Si l’embryon périt ou si l’utérus ne comprend pas le signal de l’embryon, le cycle redémarre. La vache revient en chaleurs.
Quels facteurs favorisent le retour en chaleurs des vaches?
Les causes des retours en chaleurs des vaches sont multiples: des substances non-infectieuses ou des agents infectieux qui tuent l’embryon ou toutes les circonstances qui entravent sa communication avec l’utérus.
Différentes erreurs d’affouragement
Die Versorgungslage der Kuh hat enormen Einfluss auf die Entwicklungskompetenz des Embryos und seine Ernährung im Verlauf der Trächtigkeit. Viele Fütterungsfehler schlagen deshalb sofort durch, der Embryo kann sich nicht entwickeln, er stirbt und die Kuh kommt zurück in Brunst.
Faible taux de glycémie
Les vaches avec une production de lait élevée, qui a la plus haute priorité pour l’organisme, ont souvent une glycémie trop faible pour le reste. Cela entrave la capacité de développement de leurs ovules et embryons.
Acétonémie
L’acétone qui se produit en cas de mobilisation excessive de graisse est toxique. Il passe du sang à l’utérus et tue l’embryon.
Taux d’urée élevés
En cas d’excès de matière azotée dans la ration, le corps produit de l’ammoniac, ce qui est toxique – et ensuite de l’urée. Les deux substances nuisent à l’embryon.
Carence en minéraux
Une carence en minéraux et oligo-éléments (par ex. cuivre, sélénium, manganèse) entrave le développement de l’embryon.
Mycotoxines
Les toxines, comme par ex. les mycotoxines, nuisent directement à l’embryon. Parfois, l’embryon périt nettement plus tard que le 16e jour de gestation.
Fourrage avarié ou souillé
Les aliments avariés sont fortement contaminés par des toxines bactériennes. De même, la terre contient souvent de grandes quantités de toxines clostridiennes. C’est la raison pour laquelle le fourrage souillé par de la terre ne doit pas être distribué!
Eau avec biofilm
Les répercussions d’abreuvoirs sales sont souvent sous-estimées. Le biofilm qui s’y forme peut contenir des toxines en concentration élevée. Surtout si l’eau est contaminée par la rouille.
Eau contenant des nitrates
L’eau de la fontaine de la ferme peut être contaminée par des nitrates. De petites quantités de nitrates sont suffisantes pour endommager un embryon en stade précoce.
Faible taux de progestérone
L’hormone de gestation progestérone, produite par le corps jaune sur les ovaires, influence la composition du mucus nutritif dans l’utérus. Elle encourage en plus la division cellulaire et de ce fait le développement de l’embryon.
Augmentation rapide souhaitée
Directement après les chaleurs , c’est-à-dire immédiatement après la fécondation de l’ovule, l’augmentation rapide de la progestérone décide si l’embryon survivra ou non.
Valeur seuil le jour 5
La valeur seuil pour un bon développement de l’embryon est un taux de progestérone de 3 ng/ml de sang le 5e jour après l’insémination.
Beaucoup de lait – peu de progestérone
Les vaches à haute performance ont souvent un faible taux de progestérone. Soit leur corps jaune «fonctionne» moins bien, soit leur foie dégrade la progestérone plus rapidement.
Vaches âgées
A partir de la 5e lactation environ, certaines vaches peuvent souffrir d’une insuffisance du corps jaune qui est due à l’âge. Cela signifie que leur corps jaune produit moins de progestérone ou moins rapidement.
Vaches souffrant d’inflammations aigües
En cas d’inflammations aigües (par ex. mammite) ou de fièvre, des toxines (entérotoxines) et des messagers chimiques (par ex. interleukines) sont libérés et inhibent la production de progestérone.
Vaches souffrant d’une acidose
En cas d’acidose, le corps produit également des toxines. Celles-ci peuvent aussi entraver la synthèse de progestérone. La teneur en graisse du lait et le comportement de rumination sont de bons indicateurs.
Utérus perturbé – milieu altéré
Durant les premières semaines, la survie de l’embryon dépend fortement de la santé utérine de la vache: la composition du mucus nutritif, la sensibilité de l’utérus à sa communication avec lui et la prise de contact lors de la nidation, tout trouble est létal pour lui – et sa mort survient rapidement.
Stress thermique
Les vaches qui ont trop chaud essaient de compenser cela par une respiration plus rapide et haletante, ce qui augmente la valeur pH dans le sang (acidose respiratoire) et par conséquent celle de l’utérus.
Taux d’urée élevé
En cas de taux d’urée élevés (>30 mg/dl de lait), la valeur pH du milieu utérin et le taux de minéraux dans le mucus nutritif baissent. L’embryon n’a aucune chance de survivre.
Acétone
En cas de cétose, l’acétone irrite également la muqueuse utérine et altère son milieu. Il nuit donc directement à l’embryon en l’empoisonnant et indirectement en endommageant l’utérus.
Urovagin
En cas d’urovagin très marque, s’il y a de l’urine qui coule dans l’utérus, l’embryon ne peut pas y survivre. Etant donné qu’un urovagin ne guérit pas tout seul, ces vaches sont durablement infertiles.
Endométrite subclinique
Dans le cas de cette forme «invisible» de métrite, la paroi intérieure de l’utérus s’altère: des cellules inflammatoires entravent la nidation de l’embryon dans la muqueuse.
Ecoulement purulent
Chez les vaches qui souffrent d’un écoulement purulent, la muqueuse utérine est malade au point qu’elle n’est pas capable de communiquer avec l’embryon. Ce dernier n’a aucune chance de survivre.
Incompatibilité génétique
Il y a des accouplements qui sont génétiquement incompatibles. L’embryon qui en résulte n’est pas viable et périt. En particulier si on accouple
- deux porteurs de tares héréditaires (par ex. brachyspina, DUMPS chez HO);
- deux porteurs d’haplotypes (par ex. BH2 chez la Brune).
Jusqu’à ce qu’une tare héréditaire soit découverte par la science, elle reste souvent très longtemps inaperçue. De nombreuses tares héréditaires se manifestent avant tout par le retour en chaleurs des vaches lorsque la vache et le taureau transmettent une variante génique défavorable à l’embryon homozygote. Un changement de taureau après plusieurs réinséminations est donc parfois conseillé.
Causes infectieuses
Si des problèmes de retours en chaleurs au niveau de l’ensemble du cheptel interviennent soudainement, il faut aussi prendre en considération des causes infectieuses qui entraînent la mort de l’embryon, surtout s’il y a de nombreuses vaches à différents stades de gestation qui reviennent en chaleurs en même temps.
Un choix de «nos» agents pathogènes causant des avortements
BVD (diarrhée virale bovine)
Jusqu’à l’éradication complète de la BVD, celle-ci doit toujours être prise en considération comme cause potentielle des retours en chaleurs.
Virus de Schmallenberg
Le virus de Schmallenberg, détecté en 2011, est transmis par des moustiques. Il provoque des malformations et avortements.
Fièvre Q (Coxiella burnetti)
La coxiellose est transmise par des tiques ou par voie aérienne. Cette zoonose peut provoquer des avortements également chez les femmes enceintes!
Chlamydias (Chlamydophilia abortus)
Ce genre de chlamydias peut provoquer la mort embryonnaire précoce et des avortements chez les ovins et caprins – et chez les bovins. Les chlamydias peuvent être transmises à l’homme.
Néosporose (Neospora caninum)
Les néospores sont des organismes unicellulaires qui se propagent verticalement dans les familles de vaches et horizontalement via les arrière-faix et le matériel d’avortement. Le chien (de la ferme) peut également contribuer à la propagation.
Tritrichomonas foetus
Les trichomonades sont des parasites qui, par le passé, ont souvent été transmis d’une vache à l’autre par les taureaux reproducteurs. Depuis l’introduction de l’insémination artificielle, nous maîtrisons cette épizootie.
En raison de l’importance économique et sanitaire des avortements infectieux, il est important de clarifier leur cause rapidement et méticuleusement!
Comment reconnaît-on que les vaches ont subi un retour en chaleurs?
En chaleurs malgré l’insémination
Bien qu’ayant été inséminée, la vache revient en chaleurs. Si l’intervalle entre les chaleurs est normal, personne ne sait si la vache a été portante ou non.
Rien d’anormal n’est constaté
Si l’embryon a péri à un stade très précoce (<16 jours), on n’observe pas d’autres anomalies durant les chaleurs ou l’insémination.
Cycle prolongé
S’il y a un intervalle de plus de 24 jours entre les deux inséminations, il est fort probable qu’il s’agisse d’une mort embryonnaire précoce. L’embryon a vécu > 16 jours et a ensuite péri.
Retour en chaleurs tardif
Parfois, la vache subit un retour en chaleurs (tardif) malgré un contrôle de gestation positif. C’est la raison pour laquelle on ne peut jamais compter à 100 % sur les contrôles à un stade de gestation précoce.
Traces du placenta
Des glaires sanguinolentes et un utérus asymétrique lors d’une réinsémination tardive sont des indices d’un avortement. L’embryon a péri seulement après la formation du placenta.
Le chorion dans le couloir de l’étable
En cas d’avortement précoce, ce n’est que dans des cas exceptionnels que l’on trouve les chorions dans le couloir de l’étable – comme sur cette photo après un avortement au 43e jour de gestation. Dans la plupart des cas, ces preuves se perdent.
Signaux d’alarme d’un retour en chaleurs
| Risque élevé de retours en chaleurs | Signaux d’alarme |
| Détérioration de la condition corporelle | > 1 point BCS en moins |
| Déficit énergétique / cétose | Protéine du lait < 3.2 % Rapport graisse / protéine en début de lactation > 1.5 Test d’acétone + |
| Déficit en cellulose brute / acidose | Graisse du lait < 3.6 % Rapport graisse/protéine < 1 Activité ruménale réduite Coups de mâchoires < 55 par bouchée Réduction des bruits de la panse |
| Excès d’apport protéique | Teneurs en urée > 30 mg/dl |
| Carences en minéraux | Carences en sélénium, manganèse, cuivre, zinc |
| Carences en vitamines | Carences en vitamines E et en bêta-carotène |
| Mycotoxines | Teneurs élevées en mycotoxines Moisissures dans l’ensilage |
| Qualité d’eau insuffisante | Biofilm et sédiments dans les abreuvoirs |
| Conditions de garde défavorables | Surpopulation Chaleur Humidité de l’air élevée Points d’eau insuffisants |
| Fosse ischio-rectale renforcée | Vulve fortement inclinée (> 50 %) |
| Endométrite | Ecoulement purulent |
| Porteuse d’une tare héréditaire | Haute probabilité certifiée par la fédération d’élevage |
| Agents pathogènes provoquant des avortements dans l’exploitation | Détection des agents pathogènes lors de la déclaration des avortements |
Autres raisons pour lesquelles les vaches reviennent en chaleurs
Evidemment, il y a aussi des vaches qui ne deviennent même pas portantes en raison d’erreurs avant ou lors de l’insémination et qui reviennent par conséquent en chaleurs après 21 jours.
Mauvaise gestion des chaleurs
La détection des chaleurs est le b.a.-ba. de bons résultats d’insémination et de gestations réussies ainsi que des conclusions correctes que le/la chef/fe d’exploitation en tire. Si tout cela ne joue pas, les vaches de l’exploitation reviendront en chaleurs de manière récurrente.
Mauvais moment pour l’insémination
Si la vache est inséminée avant ou après la période d’insémination optimale, les chances qu’elle devienne portante diminuent. Si l’exploitation effectue toutes les inséminations au mauvais moment, cela peut devenir un réel problème de fertilité au niveau du troupeau.
Délai de mise à la reproduction trop court
Après le vêlage, les vaches ont besoin d’un temps de repos suffisamment long pour pouvoir redevenir portantes. Un délai d’attente volontaire d’env. 60 jours est recommandé pour un bon résultat de gestation. Si on attend moins longtemps, la probabilité que la vache revienne en chaleurs est plus élevée.
Qualité insuffisante de la semence
Evidemment, le côté mâle doit aussi jouer et la semence doit être capable de féconder pour que les vaches puissent devenir portantes. C’est la raison pour laquelle la semence congelée est sujette à des contrôles de qualité sévères. Si un taureau de monte naturelle est un mauvais fécondeur, cela peut entraver la fertilité de tout un troupeau.
Traitement de la semence
Les doses de semence congelée doivent être traitées avec prudence pour que leur capacité de fécondation soit maintenue. Les erreurs au niveau du traitement de la semence se manifestent plus tard par le retour en chaleurs de la vache inséminée. Il faut donc veiller soigneusement à tous les détails.
Qualité de l'insémination
La manière d’inséminer la vache a également une grande influence sur le fait qu’elle deviendra portante ou non. L’hygiène, le passage du cervix sans problème et l’endroit de dépose de la semence sont notamment des facteurs décisifs.
Objectif pour les vaches qui reviennent en chaleurs de manière récurrente
L’objectif est que les vaches deviennent portantes après la première insémination. Etant donné que les causes des retours en chaleurs fréquents sont très complexes, il est souvent difficile d’en trouver la cause effective. Il est important de différencier s’il s’agit d’un problème touchant un animal individuel ou le troupeau entier.
Problème d’un animal individuel
S’il s’agit de vaches à problème individuelles qui reviennent en chaleurs de manière récurrente, il faudrait les soumettre à un examen gynécologique par le vétérinaire. Cela permet en particulier de détecter d’éventuelles maladies utérines.
- Examen rectal par palpation
- Examen à l’ultrason de la muqueuse utérine pour exclure une endométrite
- Examen vaginal au moyen du spéculum pour exclure un urovagin
- Biopsie pour exclure une endométrite subclinique
- Détermination du taux de progestérone dans le sang le 5e jour après l’insémination Les vaches qui souffrent d’un déficit de progestérone prouvé peuvent être traitées avec un progestatif après entente avec le/la vétérinaire. L’efficacité de l’application est exultée outre-mer. En Europe, elle est toutefois contestée.
Problème du troupeau entier
Comme pour la plupart des problèmes de fertilité au niveau du troupeau, les retours en chaleurs sont dans la majorité des cas dus à des erreurs d’affouragement et/ou de garde. Il faudrait donc commencer à chercher les erreurs dans ces domaines et déterminer les facteurs de risque (cf. tableau).
- Optimiser l’apport énergétique avant et après le vêlage
- Equilibrer le taux de matière azotée de la ration
- Améliorer la qualité du fourrage et de l’eau
- Distribuer des minéraux et vitamines en fonction des besoins
- Eliminer les facteurs à l’étable qui freinent la consommation de fourrage
Cycle ovarien II – Troubles de la reproduction
Troubles du cycle ovarien chez la vache : causes hormonales liées au déficit énergétique, effets sur la fertilité et points clés de gestion du troupeau.
Cycle ovarien I – Régulation hormonale
Coordination hormonale du cycle ovarien chez la vache, de l’hypothalamus aux ovaires, et conséquences des dérèglements sur les chaleurs et la fertilité.
Vidéo – Manipulation de la dose de semence
La manipulation correcte des doses de semence avant, pendant et après la décongélation conditionne la réussite de l’insémination et la fertilité.
Cétose – conséquences et prévention
La cétose subclinique chez les vaches peut entraîner des problèmes de santé et de productivité si elle n'est pas détectée et prévenue par une gestion alimentaire adaptée.
